Comment CMW groupe investit dans la transmission des savoir-faire industriels

Photo de 2 compagnons en discussion sur une machine outil
Comment préserver des savoir-faire industriels de précision quand de nombreux techniciens approchent de la retraite ? Au sein de CMW Groupe la réponse tient en un mot : transmission. Sur son site de Corbas, CMW HP, fabricant français d’engrenages de précision, fait du partage des compétences entre générations un pilier de sa philosophie d’entreprise. Ingénieurs, opérateurs, responsable d’atelier et étudiant en témoignent.

CMW fabrique des engrenages de précision de A à Z sur son site de Corbas, c’est le site historique de CMW groupe. La transmission des savoir-faire entre générations est un choix stratégique pour préserver l’expertise industrielle en France. Ainsi, en 2025, CMW HP a accueilli huit alternants, formés par des  collaborateurs expérimentés.

Jeunes ingénieurs, femmes à l’atelier, opérateurs confirmés : la diversité des profils nourrit cette culture de la transmission.

Pourquoi la transmission des savoir-faire est-elle un enjeu pour l’industrie française ?

Les compétences de la mécanique de précision ne s’apprennent pas seulement à l’école : elles se transmettent en poste, de génération en génération. Or, pendant des années, de nombreuses entreprises industrielles ont délocalisé leur production, interrompant cette chaîne de transmission entre anciens et nouveaux arrivants. Aujourd’hui, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée rend ces savoir-faire d’autant plus précieux.

Le groupe CMW a fait un choix inverse : conserver la fabrication en France et organiser la passation des compétences. Chez CMW HP, à Corbas, ce choix se traduit chaque jour dans l’atelier, au bureau des méthodes et au service technique.

Comment l’image des métiers industriels a-t-elle évolué ?

Les métiers de l’industrie ont profondément changé : machines modernes, outils numériques, exigence de précision accrue. Antoine Iafrate, responsable rectification chez CMW HP depuis 2015, a connu l’époque où ces métiers souffraient d’une image dévalorisée, associée aux bleus de travail, à la graisse et à l’huile. Selon lui, le regard porté sur l’industrie a nettement évolué, et les jeunes diplômés s’y intègrent aujourd’hui plus facilement.

Quelle place pour les jeunes ingénieurs dans une PMI industrielle ?

Chez CMW, les jeunes ingénieurs sont responsabilisés rapidement et travaillent au plus près de la production. Seth Descotes et Justin Proriol, tous deux au service technique, en font l’expérience : premier poste pour l’un, quelques années d’expérience pour l’autre.

Ingénieur études industrielles, Seth a choisi CMW pour la technicité de l’engrenage et la qualité des relations humaines. Il souligne une singularité devenue rare en France : une entreprise qui fabrique encore ses pièces de A à Z.

Justin apprécie notamment les liens directs avec les équipes de production. Chaque engrenage présente ses propres spécificités, ce qui exige flexibilité et réactivité et l’absence de cloisonnement entre les bureaux et l’atelier est un vrai plus.

Les métiers de l’industrie mécanique sont-ils ouverts aux femmes ?

Oui, et les profils féminins y ont toute leur place, même si le secteur reste majoritairement masculin. Depuis quelques mois, l’atelier de Corbas accueille pour la première fois une femme : Valérie, au service contrôle, après 25 années passées chez Safran.

Son rôle est décisif : vérifier, au micron près, les pièces avant leur départ chez les clients. Seule femme de l’atelier, elle décrit un quotidien où le métier prime sur le genre : même tenue, même exigence, et un accueil qu’elle juge particulièrement bienveillant de la part des équipes et des managers.

Au service méthodes, Léa, étudiante en génie mécanique, effectue son stage. Dans sa promotion de 67 étudiants, elles sont huit jeunes femmes, un record. Pour elle, la mécanique est avant tout une manière de comprendre le monde : le fonctionnement d’une voiture, la construction d’un pont ou d’un avion.

Deux générations, deux étapes de carrière, une même conviction : dans l’industrie, les idées reçues n’ont pas lieu d’être.

Qu’est-ce qui fait la spécificité du savoir-faire de CMW ?

Le savoir-faire de CMW repose sur trois piliers : l’expertise en taillage d’engrenages, un parc machines diversifié et la maîtrise de l’ensemble du processus de fabrication. Fabien Rey, fraiseur, a travaillé auparavant sur des instruments chirurgicaux, des implants et des pièces de très grandes dimensions. Il a rejoint CMW HP pour l’approche d’une PME à taille humaine, où le savoir-faire est approfondi et l’organisation à la fois structurée et collaborative.

Comment CMW organise-t-elle la transmission entre générations ?

La transmission chez CMW s’appuie sur deux leviers complémentaires : le compagnonnage par les collaborateurs expérimentés et le recours structuré à l’alternance. En 2025, l’entreprise a ainsi accueilli huit alternants, formés directement au contact des équipes.

Pour Antoine Iafrate, c’est l’une des grandes forces de l’entreprise : les anciens y sont de véritables « livres ouverts », prêts à former la relève. Une chance, selon lui, à une époque où beaucoup d’industriels ont cherché leur avenir à l’étranger et ont perdu ce lien entre générations.

Fabriquer en France, faire grandir les compétences : une philosophie d’entreprise

Au-delà des parcours individuels, ces témoignages dessinent une même vision de l’industrie. Pour CMW Groupe, préserver les métiers industriels, c’est à la fois maintenir une production de précision en France, contribuer à l’emploi local et offrir à chacun, quel que soit son âge, son genre ou son parcours, la possibilité d’apprendre et de progresser.

Cette culture de la transmission s’inscrit pleinement dans la démarche de responsabilité sociétale du groupe : développement des compétences, égalité professionnelle et ancrage territorial. Elle fait de chaque engrenage le résultat d’un savoir-faire partagé entre générations.

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